Accueil > La mythologie delphique > Apollon > Apollon et le serpent Python

Le serpent Python est le souvenir d’une ancienne divinité chthonienne, préhellénique (Delphes se nommait anciennement Pythô), qui gardait la source Cassotis.

La seconde partie de l’Hymne homérique à Apollon raconte la prise de possession par Apollon du sanctuaire de Delphes. Il énumère d’abord les différents lieux où s’arrêta le dieu, à la recherche d’un emplacement où établir son sanctuaire, jusqu’à ce qu’il parvienne au pied du Parnasse. C’est là qu’il décida de bâtir son temple. Mais il lui fallut d’abord se débarrasser d’un monstre femelle, le serpent (ou le dragon) Python, qui faisait régner la terreur :

« Toute proche est la source aux belles ondes où le seigneur, fils de Zeus, tua de son arc puissant le dragon femelle, la bête énorme et géante, le monstre sauvage qui, sur la terre, faisait tant de mal aux hommes, tant de mal aussi à leurs moutons aux pattes fines… Qui la rencontrait se voyait emporté par son jour fatal jusqu’au jour où Apollon, le seigneur archer, lui eut décoché des traits vigoureux. Déchirée par de rudes souffrances, la bête gisait à terre en poussant de grands râles, et se roulait sur place ; puis il y eut une clameur prodigieuse, inexprimable ; le monstre se tordit furieusement ici et là dans la forêt, et rendit l’esprit en exhalant un souffle ensanglanté. Alors Phoibos Apollon dit fièrement : “Maintenant, pourris ici, sur la terre nourricière d’hommes. Tu ne feras plus le malheur ni la perte des mortels qui vivent en ce monde.” » (vers 300-304 ; 356-365).

Le poète conclut : « Depuis ce jour, on l’appela Pytho – et on donna au seigneur le nom de Pythien – parce que c’est là que l’ardeur pénétrante du soleil a fait pourrir le monstre » (vers 372-374).

Puis, après avoir pris la forme d’un dauphin, le dieu attira à Krissa un navire crétois qui naviguait de Cnossos vers Pylos et confia à l’équipage la garde de son temple. Comme les marins s’inquiétaient de leurs moyens de subsistance,

« Alors l’archer Apollon leur fit cette réponse : étrangers, vous habitiez auprès de la verdoyante Cnossos, naguère ; mais maintenant […] vous serez les gardiens de mon temple opulent […]  Je suis le fils de Zeus, je me fais gloire d’être Apollon ; […] De même que tout d’abord c’est sous l’apparence d’un dauphin que j’ai bondi sur votre navire, de même appelez-moi delphinien […] et l’autel lui-même sous le nom de Delphien sera toujours l’objet des regards» (vers 474-496).

D’autres récits nous apprennent que le dieu dut se purifier du meurtre du monstre en se rendant en Thessalie, dans la vallée de Tempé, au pied du mont Olympe, d’où il rapporta le laurier avec lequel il construisit le premier temple. Tous les huit ans, à Delphes (tous les quatre ans à partir de 582 avant J.-C.), une fête solennelle commémorait cette purification.