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Au début, les oracles n’étaient rendus qu’une fois par an, le septième jour du mois de Bysios (février-mars), vraisemblablement lors d’une célébration commémorant l’anniversaire d'Apollon. A partir du VIème siècle avant J.-C., comme les consultants devenaient plus nombreux, l’oracle fonctionna le septième jour de chaque mois, à l’exception des trois mois d’hiver pendant lesquels Apollon séjournait chez les Hyperboréens et laissait le sanctuaire sous l’autorité de Dionysos : le serein dieu de la lumière abandonnait le sanctuaire au dieu du vin et de la fête.

La Pythie était une femme d’âge avancé – plus de cinquante ans – qui, dès qu’elle entrait au service du dieu, abandonnait son mari et ses enfants (celle-ci était à l’origine une jeune vierge, mais après le viol d’une d’entre elles par le Thessalien Echécrate, on ne porta plus à cette fonction que des femmes âgées). Elle s’installait dans le bâtiment qui lui était réservé à l’intérieur du téménos, afin d’être à l’abri de toute souillure. Elle était vêtue de blanc, malgré son âge, et sa vie était régie par certaines règles sacrées. Plutarque, prêtre d’Apollon à Delphes de 105 à 126 après J.-C., nous informe sur les règles de choix d’une Pythie :

« La Pythie […] sort d’une des familles les plus honnêtes et les plus respectables qui soient ici et elle a toujours mené une vie irréprochable mais […] elle n’apporte avec elle, en descendant dans le lieu prophétique, aucune parcelle d’art ou de quelque autre connaissance ; […] c’est vraiment avec une âme vierge qu’elle s’approche du dieu » (Sur les oracles de la Pythie, 22).

A l’origine, il y avait une seule Pythie mais, devant l’accroissement du renom de l’oracle et du nombre des consultants, il y en eut ensuite trois.

Pour connaître la volonté du dieu, il fallait sacrifier un bouc, mais on devait d’abord l’asperger d’eau froide : si l’animal était agité d’un frisson de la tête aux pieds, cela voulait dire que le dieu consentait. « Que signifie l’aspersion des victimes ou l’interdiction de rendre des oracles lorsque la bête n’est pas secouée de tremblements et de frissons… pendant qu’on l’asperge ? Car il ne suffit pas qu’elle remue la tête comme dans les autres sacrifices ; il faut encore qu’elle tressaille et palpite de tous ses membres avec un bruit saccadé ; si ces symptômes ne se produisent pas on déclare que l’oracle ne fonctionne pas et on ne fait pas rentrer la Pythie » (Plutarque, Sur la disparition des oracles, 46).

Celui qui venait en consultation devait d’abord payer une taxe (pélanos) puis amener les animaux pour les sacrifices propitiatoires et le banquet sacré. Suivait un processus de tirage au sort pour déterminer l’ordre de passage.

Prière matinale de la Pythie de Delphes aux divinités du sanctuaire (extrait des Euménides d'Eschyle, PDF).

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